Cette association a pour but de favoriser par différents moyens pédagogiques, la connaissance du vin dans un large esprit d’ouverture au public. Elle veut promouvoir par différentes actions culturelles une rencontre des amis du vignoble et du vin. Cette association est étrangère à toute opération à caractère commercial ou publicitaire. Elle se situe délibérément dans le cadre d’une action culturelle concertée avec les adhérents.
12 Juillet 2017
DECOUVERTE DES VIGNOBLES
DES CÔTES DU RHÔNE SEPTENTRIONALES
Côte-Rôtie, Condrieu,
Saint-Joseph, Crozes-Hermitage
18 – 21 mai 2017
Quelques généralités sur les vignobles
Côte-Rôtie
L’histoire nous apprend que la vigne est cultivée ici depuis les temps les plus reculés ; il y a deux mille ans déjà, les auteurs latins, Martial, Pline l’Ancien, Columelle, le grec Plutarque célébraient le vin de Côte-Rôtie sous le nom de " vin viennois" Etendu sur 235 ha de la rive droite du Rhône, juste au sud de Lyon près de Vienne, ce vignoble le plus septentrional des côtes du Rhône est aujourd’hui reconnu pour la qualité exceptionnelle de ses vins, a bien failli disparaître au XIXème siècle en raison d’y travailler les vignes. En effet, elles sont implantées en terrasses étroites, construites sur des coteaux abruptes aux pentes vertigineuses pouvant dépasser les 60 %. Mais c’est justement ces conditions de culture très typiques qui ont permis de produire des grands vins dans un climat alliant parfaitement la chaleur et le soleil ( d’où le nom de « Rôtie » ) du climat méditerranéen, à la fraîcheur et l’humidité apportées tout au long de l’année par les influences continentales de Bourgogne plus au nord. En Côte-Rôtie, il y a deux terroirs bien distincts : la Côte Brune au nord et ses micaschistes riches en fer et la Côte Blonde au sud composée de gneiss et de sables argileux. A la syrah, ce cépage que l’on retrouve dans tous les vins de la vallée du Rhône, l’appellation mêle la douceur et l’arôme du viognier qui reste tout de même marginal entre 0 et 20% qui permet de donner une spécificité appréciée. Les vins de Côte-Rôtie sont des vins rouges complexes, tanniques et puissants appréciés pour leur authenticité et leur richesse en bouche.
Condrieu
Son histoire est assez originale: il a failli disparaître mais il est maintenant au rang des variétés les plus plantées au niveau mondial. La grande attaque du phylloxéra, puis la Première Guerre mondiale provoque un abandon des vignes. Le viognier ne survivra que sur quelques hectares (8 ha en 1965). En 1986, il ne reste que 20 ha plantés en viognier, à Condrieu. Peu à peu l'appellation sera redressée et la superficie plantée se développera jusqu'à atteindre les 130 ha actuels. Ce cépage connu grâce aux vins de Condrieu, va alors s'exporter dans le Midi de la France et à l'étranger. En l'an 2000, il y avait en France 2359 ha plantés en viognier. C'est le cépage unique du Condrieu, et du Château Grillet (3, 8 ha), vin rare et recherché des amateurs. Il est également autorisé dans l’assemblage sur l’AOC Côte-Rôtie (20% maximum). Depuis les années 1990, il est également apprécié dans le Midi de la France, en complément d'autres cépages, ou en cépage unique. À l'étranger, le viognier est utilisé en Italie, Espagne, Grèce, Suisse ou encore Autriche. Mais c'est hors d'Europe qu'il a le plus de succès. C'est l'un des grands cépages blancs américains, principalement en Californie. Il est également très populaire en Australie où il représente 70% de la surface plantée en blanc.
Saint-Joseph
Saint-Joseph : L’exigence pour nature ! De Chavanay au nord à Guilherand au sud, le vignoble de l’appellation s'étend sur une cinquantaine de kilomètres sur la rive droite du Rhône. Il couvre 23 communes dans l'Ardèche et 3 dans la Loire. Le vignoble est planté sur des coteaux abrupts, façonnés en terrasses depuis l’antiquité et couvre 1211 ha. Autrefois appelé « Vin de Mauves », il était très apprécié des rois de France au XIVème siècle, et fut renommé « le Saint-Joseph » au XVIIIème siècle par les Jésuites de Tournon. C’est Victor Hugo dans les « Misérables » qui développa sa notoriété dès le XIXème siècle et lui permit à terme d’être reconnu en AOC en 1956. La principale composante du sol de l’appellation est le granit, mais il existe là aussi des variantes qui vont influencer les productions. La zone septentrionale est composée de gneiss tendres et de granits, en coteaux avec quelques parties en piémont ou en plaine. La zone plus méridionale de Tournon est composée de marnes et de granits complexes, maigres et acides. La diversité des sols de l’aire d’appellation lui donne sa typicité et permet aux trois cépages de puiser tous les nutriments dont ils ont besoin pour s’épanouir. Les sols, sont plantés en cépages Syrah ( 91 %) pour le rouge mais depuis 1980, il est autorisé d’ajouter éventuellement 10% de Roussanne ou de Marsanne – ce qui permet d’en affiner la puissance. Les blancs (9 %) sont composés de Marsanne et Roussanne. Le Saint-Joseph rouge est élégant et fin tout en développant une certaine puissance.
Crozes-Hermitage
L’AOC Crozes-Hermitage (ou Crozes-Ermitage) est située sur une superficie de 1 400 hectares qui s’étend à 11 communes de la Drôme autour de Crozes-Hermitage et de Tain-l'Hermitage. Son vignoble représente en volume de production (61 200 hectolitre par an) le plus important pourvoyeur des Côtes-du-Rhône septentrionales, et comprend l’enclave prestigieuse dédiée à l’AOC Hermitage.
Comme pour son acolyte, le climat méditerranéen chaud et sec est valorisé par une exposition au soleil plein sud, le mistral pouvant être plus néfaste aux vignes qui sont en général moins protégées. Les vins, rouges et blancs, issus de terroirs très diversifiés (substrats granitiques, dépôts sableux ou terrasses caillouteuses, selon qu’on se trouve sur les coteaux au nord de la zone ou sur les plaines alluvionnaires plus au sud) sont en conséquence également très variés.
Ceux du nord sont des rouges de caractère, plus proches des AOC Hermitage, structurés et de bonne garde. Ceux du sud sont moins puissants, fruités et à consommer plus jeunes. Les blancs secs de Crozes-Hermitage sont frais et fruités, aux arômes d’agrumes, et peuvent gagner en gras, en amplitude et en potentiel de garde s’ils sont élaborés plus traditionnellement, avec une fermentation malolactique. La Syrah (rouges), la Marsanne et la Roussanne (blancs) restent les cépages typiques.
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